Le Groenland et les îles Féroé ne seront pas pleinement membre du Conseil Nordique

Lors d’une séance au parlement danois, le 14 octobre, le ministre de la Coopération nordique, Flemming Møller Mortensen (S), a exclu l’adhésion à part entière du Groenland et des îles Féroé au Conseil nordique.

Lors d’un débat au Folketing, le parlement danois, le 14 octobre, Christian Juhl (Enhedslisten, EL) a souhaité savoir si le moment n’était pas venu de donner au Groenland et aux îles Féroé une adhésion à part entière au sein du Conseil Nordique. Créé en 1952, le Conseil Nordique est une instance de coopération régionale qui regroupe cinq Etats souverains (la Norvège, l’Islande, le Danemark, la Finlande et la Suède) et trois territoires autonomes (le Groenland, les îles Féroé et Åland). Le ministre de la Coopération a exclu la possibilité de leur inclusion à part entière, mettant en avant des raisons juridiques. Les îles Féroé ont tenté à quatre reprises de devenir membre à part entière du Conseil nordique. L’Accord d’Helsinki stipule néanmoins que seules les nations indépendantes peuvent devenir membres. En 2016, la constitution danoise a également été utilisée comme un obstacle à l’adhésion à part entière des Féroé.

Sources : Sermitsiaq.

Quelle autonomie sur la politique étrangère, de défense et de sécurité pour le Groenland et les îles Féroé ?

Le 4 octobre dernier, le Groenland et les îles Féroé ont fait un pas supplémentaire vers une coopération renforcée sur les questions de politique étrangère et de défense, en signant  les termes de référence pour la création d’un comité de liaison. Le 14 octobre, devant le Parlement danois, le ministre de la Coopération nordique, Flemming Møller Mortensen (S), a néanmoins exclu l’adhésion à part entière du Groenland et des îles Féroé au Conseil nordique. L’autonomie groenlandaise et féroïenne reste donc encore pleinement à construire. 

En juin dernier, la Première ministre danoise, Mette Fredriksen, avait déclaré que le Groenland et les îles Féroé joueraient à l’avenir un rôle plus actif et plus important au sein du Conseil de l’Arctique. Múte B. Egede avait quant à lui indiqué que le Groenland élaborerait à l’avenir sa stratégie de politique étrangère et sa stratégie arctique, qui ne seront pas nécessairement communes à celles du Danemark et des îles Féroé. Le 4 octobre, une nouvelle étape vers une plus grande autonomie en matière d’affaires étrangères et de défense du Groenland et des îles Féroé a été franchie avec la signature des termes de référence pour la création d’un comité de liaison spécial. Au total, 10 ministres des îles Féroé, du Groenland et du Danemark siègeront au comité de liaison, qui doit donc traiter des questions relatives à la politique étrangère, de défense et de sécurité. A l’avenir, les île Féroé et le Groenland devraient recevoir des informations confidentielles auxquelles ils n’avaient pas accès jusque-là. Le Premier ministre groenlandais a déclaré que les termes de référence étaient une étape importante : “La création du comité témoigne de notre intérêt commun à renforcer la coopération entre nos pays (…) cela renforcera la participation active du Groenland aux relations internationales dans le monde globalisé”. Le Premier ministre des îles Féroé, Bárður á Steig Nielsen, a lui souligné l’importance des affaires arctiques : “L’Atlantique Nord et l’Arctique sont de plus en plus sous les projecteurs de la politique de sécurité, et donc la participation active des îles Féroé et du Groenland est également d’une importance croissante”. La première Ministre danoise a elle aussi souligné l’importance stratégique de l’Arctique : “Ces dernières années, la politique étrangère, de sécurité et de défense a pris une toute autre dimension dans l’Arctique et l’Atlantique Nord. (…) Il est important pour le gouvernement que la coopération entre le Danemark, les îles Féroé et le Groenland sur ces questions soit renforcée”. Dans les grandes lignes, les termes de référence prévoient :

  • un échange structuré des questions de politique étrangère et de sécurité présentant un intérêt particulier pour le Groenland et les îles Féroé ;
  • de créer un positionnement commun en prenant en compte les intérêts des trois pays ;
  • de discuter des domaines de politique étrangère et de sécurité qui recoupent les domaines pris en charge par le Groenland et les îles Féroé ;
  • de discuter de la sécurité et de la défense étrangères à la lumière des développements technologiques.

Si l’accord élargit les prérogatives des île Féroé et du Groenland en termes d’affaires étrangères, de sécurité et de défense, les marges de manœuvre dans ces domaines restent étroites. En témoigne, la prise de parole du Ministre de la Coopération, lors d’un débat au Folketing, le parlement danois, le 14 octobre, excluant la possibilité de l’inclusion du Groenland et des îles Féroé à part entière au sein du Conseil Nordique, soulevant des justifications juridiques. Les îles Féroé ont tenté à quatre reprises de devenir membre à part entière du Conseil nordique. L’Accord d’Helsinki stipule néanmoins que seules les nations indépendantes peuvent devenir membres. En 2016, la constitution danoise a également été utilisée comme un obstacle à l’adhésion à part entière des Féroé. Il est donc largement prématuré de parler d’autonomie sur la politique étrangère, de défense et de sécurité pour le Groenland et les îles Féroé, mais bien plutôt de coopération renforcée. 

Sources : RcinetHigh NorthSermitsiaqSermitsiaq

Les États-Unis et le Danemark envisagent de renforcer la coopération militaire au Groenland

En marge de la réunion de l’OTAN à Bruxelles, la ministre de la Défense Trine Bramsen a annoncé que les Etats-Unis et le Danemark envisagent de renforcer la coopération militaire, notamment autour de leurs intérêts communs au Groenland.

Les Etats-Unis et le Danemark envisagent de renforcer la coopération militaire, annonce la ministre de la Défense Trine Bramsen (Socialdemokratiet). Si les discussions sont toujours en cours, ils partagent une inquiétude commune autour du “comportement de plus en plus agressif de la Russie et de la Chine” et une zone d’intérêt commun, le Groenland. “Nous n’avons pas parlé spécifiquement du Groenland. Mais ce n’est un secret pour personne qu’il y a une inquiétude. C’est ce que c’est pour moi en tant que ministre danois de la Défense. C’est aussi le cas pour le secrétaire américain à la Défense quand on parle de l’Arctique”, précise Bramsen. De nouvelles discussions sur le sujet devraient intervenir dans les mois qui viennent à Washington, avec le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin.

Sources : Sermitsiaq

Broberg démis de ses fonctions de Ministre des Affaires étrangères au Groenland

Cette sanction a été demandée après que Broberg ait déclaré que seuls les Inuit devraient avoir le droit de voter lors d’un éventuel futur référendum sur l’indépendance du Danemark.

Pele Broberg (N) a été démis de ses fonctions de Ministres des Affaires étrangères au sein de Naalakkersuisut, le gouvernement du Groenland. Il a été remplacé dans ses fonctions par l’actuel Premier ministre Mute B. Egede (IA). Cette sanction a été décidée après que Broberg ait déclaré dans une entrevue au quotidien danois Berlingske que “seules les personnes d’origine inuit devraient être autorisées à voter lors d’un éventuel futur référendum sur l’indépendance du Danemark”. Egede a rapidement publié une déclaration disant que Broberg ne parlait pas au nom du Naalakkersuisut. En parallèle, le parti Atassut, qui soutient l’actuelle coalition gouvernementale au Parlement, a demandé la démission de Broberg. Pele Broberg conserve son portefeuille de Ministre du Commerce et des Entreprises.

Sources : High North News

Renforcement de la coopération en matière de défense entre le Danemark, la Norvège et la Suède 

Les ministres de la Défense norvégien, suédois et danois ont signé un accord renforçant leur coopération en matière de planification opérationnelle dans les sud de la Scandinavie.

Le 28 septembre, les ministres de la Défense danois, norvégien, suédois et se sont réunis pour signer un accord renforçant la coordination des opérations basées dans les régions du sud de la Scandinavie. Pour ce faire, un comité directeur sera constitué avec des représentants des ministères de la Défense respectifs et les autorités militaires. Cet accord est justifié par les liens étroits entre ces trois pays nordique. Selon le Ministre norvégien de la Défense Frank Bakke-Jensen, « une grave crise sécuritaire dans la région nordique affecterait tous les pays nordiques. Nous devons être prêts à agir ensemble, à la fois dans la paix et au cas où une telle situation se produirait. (…). Cet accord complète la collaboration existante avec la Suède et la Finlande dans la région de Barents et soutient la coopération de défense nordique, complément important à notre adhésion à l’OTAN ».

Sources : High North News.

De nouvelles réunions publiques pour le projet minier de Kuannersuit

Alors que le projet minier de Kuannersuit est quasiment éteint, de nouvelles réunions publiques ont lieu à Narsarsuaq. S’il y a peu de doutes sur l’abandon bientôt acté du projet, les questions de développement régional restent présentes, tout comme l’absence de réponses.

Rejeté par le nouveau gouvernement, le projet minier de Kuannersuit continue d’être un point de tension important, qui se trouve renouvelé par la reprise du processus de consultation entamé il y a plusieurs mois au Sud du Groenland. Néanmoins, l’instigateur du projet Greenland Minerals se refuse désormais à participer aux réunions publiques qui se tiennent à nouveau depuis ce mois-ci, contrairement aux Naalakkersuisut, aux élu·es de la municipalité, ainsi qu’une poignée de citoyen·nes. Les premières réunions publiques avaient eu lieu en février, mais ont dû être reportées en raison de la situation sanitaire. C’est donc dans un contexte où la nouvelle coalition entre Inuit Ataqatigiit (IA) et Naleraq a promis d’arrêter le projet et où le nouveau parlement prépare une loi de tolérance zéro vis-à-vis du nucléaire, que les consultations reprennent. L’absence de Greenland Minerals laisse en suspens un certain nombre de questions quant aux projets de l’entreprise dans la région et à la façon dont celle-ci se comportera à l’avenir pour prendre en compte les opinions des citoyen·nes exprimées à l’occasion de l’opposition au projet de Kuannersuit. 

Sources : SermitsiaqKNR.

Des précipitations observées pour la première fois au sommet de la calotte glaciaire groenlandaise

Pour la première fois depuis que des relevés météorologiques sont établis dans la région, des précipitations ont été observées au sommet de la calotte glaciaire du Groenland. Le 14 août, la température de l’air est restée positive pendant neuf heures.

La station Summit (72.58°N 38.46°O) de la National Science Foundation, située à 3 216 mètres d’altitude sur la calotte glaciaire groenlandaise, a enregistré pour la première fois, le 14 août dernier, des précipitations pendant plusieurs heures, d’après le National Snow and Ice Data Center. La station Summit a été établie en 1989 comme site de forage ; il s’agit de la seule station d’observation intérieure à haute altitude et à haute latitude dans l’Arctique. Depuis l’établissement de la station, seuls trois événements de fonte ont été observés (1995, 2012 et 2019), tandis que les carottages de glace effectués sur place font remonter la dernière période de fonte à la fin du dix-neuvième siècle.

Sources : High North NewsNSIDC.

Le gouvernement groenlandais affirme son opposition à un développement incontrôlé des ressources minières et pétrolières

Alors que Múte Egede a été élu en avril dernier sur la promesse de mettre fin au contesté projet minier Kuannersuit, et plus largement de remettre en place une politique de tolérance zéro vis-à-vis de l’uranium, le gouvernement de coalition semble prêt à aller plus loin avec la suspension des activités pétrolières sur le sol groenlandais.

Le 5 juillet dernier, le ministère des matières premières a lancé une consultation visant à réintroduire la tolérance zéro vis-à-vis de la délivrance de permis d’exploration et d’exploitation de matières radioactives. Celle-ci s’inscrit dans la droite ligne de l’accord de coalition signé entre IA et Naleraq, avec le soutien d’Atassut, en avril dernier. 

Faisant valoir des considérations environnementales et climatiques, ainsi que les impacts sur les autres activités économiques du pays (chasse, pêche, tourisme notamment), le gouvernement groenlandais a également décidé d’abandonner toute future exploration pétrolière dans le pays. Les organisations écologistes, en particulier WWF et Greenpeace qui ont été actives dans la lutte pour l’arrêt des forages pétroliers dans l’Arctique, se réjouissent de la décision groenlandaise. Le Ministre des affaires étrangères Pele Broberg a justifié la décision affirmant qu’« il est naturel que nous nous orientions vers les opportunités de l’avenir et non sur les solutions du passé ». 

Pourtant le potentiel pétrolier groenlandais – estimé à 18 milliards de barils de pétrole enfouis sur la côte ouest et 36 milliards de barils de gaz naturel et de pétrole brut à l’est – a longtemps été présenté comme la voie privilégiée pour se défaire de la tutelle danoise et rendre superflue la subvention globale du Danemark de 3,9 milliards de DKK par an. Néanmoins, si des permis d’explorations ont été attribués ces dernières années – quatre sont toujours en cours, mais disposent d’un potentiel limité – les coûts souvent prohibitifs d’exploitation pétrolière en Arctique et les variations spectaculaires des prix du pétrole au grès des crises ces dernières années, n’ont pas donné d’illustration convaincante des possibilités réelles du secteur. Si bien que la note commandité par le ministère des matières premières précise que le Groenland à plus à gagner en suspendant ses activités pétrolières, notamment sur la scène internationale : “En annonçant activement que le Groenland, malgré ses riches ressources pétrolières, s’abstiendra d’extraire des hydrocarbures, nous pouvons plutôt mettre l’accent international sur le Groenland en tant que pays doté d’importantes ressources naturelles gérées de manière durable”. 

Ainsi, l’abandon des ressources pétrolières ne signifie pas que le Groenland se désengage de toutes activités minières, mais bien plutôt qu’il se concentre sur celles qui sont à la fois les plus rentables et les plus compatibles avec les activités économiques principales que sont la chasse, la pêche et le tourisme. Le gouvernement groenlandais déclare d’ailleurs qu’il continuera à se concentrer sur l’augmentation de l’utilisation des matières premières minérales et qu’il cherchera en outre à attirer des investissements pour utiliser le grand potentiel hydroélectrique, qui est actuellement inexploité.

Sources : RCINetING.

Une proposition de loi pour interdire toute exploitation future d’uranium au Groenland

Inatsisartut, le parlement groenlandais a rédigé une proposition de loi de tolérance zéro vis-à-vis de l’uranium au Groenland. Celle-ci vise à interdire l’exploration préliminaire, l’exploration et l’exploitation d’uranium.

Le 5 juillet dernier, le ministère des matières premières a lancé une consultation sur une proposition de loi interdisant les recherches préliminaires, l’exploration et l’exploitation de l’uranium. Il s’agit de réintroduire la tolérance zéro vis-à-vis de l’uranium, laquelle a été levée en octobre 2013 par le Siumut, le désormais plus grand parti d’opposition. Élu sur une promesse de mettre fin au projet Kuannersuit, le gouvernement groenlandais a fait de cette interdiction l’une des pierres angulaires de l’accord de coalition. Outre l’interdiction de l’exploration et de l’extraction d’uranium, la proposition comprend une disposition permettant au Naalakkersuisut d’imposer des interdictions similaires sur d’autres éléments radioactifs, ainsi qu’une base légale pour restreindre et révoquer les permis d’activités minières si l’utilisation ne peut pas être faite en conformité avec la nouvelle interdiction. Erik Jensen, président de Siumut, considère que la proposition est de nature à affaiblir la capacité groenlandaise d’autonomie, et pourrait abroger cette loi si son parti est à nouveau amené à diriger le pays. Par ailleurs, la chambre de commerce du Groenland juge que la loi aura un effet négatif sur le climat des affaires. La proposition est en consultation jusqu’au 2 août, avant adoption à l’Inatsisartut.

Sources : SermitsiaqSermitsiaq.

Le Conseil Circumpolaire Inuit du Groenland rejoint le Conseil Économique de l’Arctique

L’Inuit Circumpolar Council (ICC) – Groenland a rejoint l’Arctic Economic Council (AEC) considérant que la politique de ce dernier en termes de développement responsable des régions arctiques était en phase avec les aspirations économiques groenlandaises.

L’Inuit Circumpolar Council (ICC) est une organisation non gouvernementale regroupant approximativement 180000 inuit issus de quatre régions : Alaska, Canada, Groenland, et Tchoukotka (Russie). Chacune d’elles dispose de son propre bureau. En outre, l’ICC est l’une des six communautés autochtones ayant le statut de participant permanent au Conseil de l’Arctique. En rejoignant l’Arctic Economic Council (AEC), une instance émanant du Conseil de l’Arctique mais distincte, l’Inuit Circumpolar Council (ICC) – Groenland vise à “assurer le bien-être des peuples de l’Arctique et le développement économique durable dans la région”, a déclaré Kuupik V Kleist, l’ancien président de Naalakkersuisut, qui représentera l’ICC Groenland au sein du conseil. Plus précisément, cela correspond à une volonté groenlandaise de diversifier ses activités économiques, très dépendantes de la pêche et des subventions danoises, notamment en renforçant les investissements dans le secteur minier. Alors que le gouvernement nouvellement élu est résolument contre l’exploitation d’uranium au Groenland, et a récemment annoncé la suspension de l’exploration pétrolière, cette intégration régionale vise, selon Kuupik V Kleist, à envoyer un signal clair aux investisseurs internationaux : le gouvernement n’est pas contre les activités minières en général, d’autant plus si les bénéfices sont réinvestis localement.

Sources : RCINetSermitsiaq.