Une entreprise minière soutenue par Bezos et Gates va commencer à forer au Groenland

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La société d’exploration minière, KoBold Metals, soutenue notamment par Jeff Bezos et Bill Gates, a déclaré fin mars qu’elle allait commencer à forer au Groenland pour trouver des matériaux essentiels utilisés dans les véhicules électriques.

L’approche minière non conventionnelle de KoBold utilise le machine learning (ML) pour prédire les emplacements miniers productifs. Pour ce faire, la société utilisera notamment des drones et prévoit de forer cette année un total de 3 000 mètres à des profondeurs comprises entre 150 et 400 mètres. KoBold Metals a obtenu l’an dernier une participation de 51 % dans le projet Disko-Nuussuaq, sur la côte ouest du Groenland, qui est exploité par Bluejay Mining. Dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine, le prix des métaux rares a explosé, et KoBold a levé, en février dernier, pas moins de 192,5 millions de dollars pour l’exploration de matériaux critiques. Comme le souligne Bo Steensgaard, directeur général de Bluejay Mining, “the recent unfortunate geopolitical developments clearly show that the Western world needs new deposits of these critical metals”. 

 Mining company backed by Bezos and Gates to start drilling in Greenland

The mining exploration company, KoBold Metals, backed by Jeff Bezos and Bill Gates, among others, said in late March that it would begin drilling in Greenland for key materials used in electric vehicles.

KoBold’s unconventional mining approach uses machine learning (ML) to predict productive mining locations. This will include the use of drones and the company plans to drill a total of 3,000 meters this year at depths between 150 and 400 meters. KoBold Metals last year earned a 51% interest in the Disko-Nuussuaq project on Greenland’s west coast, which is operated by Bluejay Mining. With the invasion of Ukraine, the price of rare metals has skyrocketed, and KoBold last February raised as much as $192.5 million to explore for critical materials. As Bo Steensgaard, managing director of Bluejay Mining, points out, “the recent unfortunate geopolitical developments clearly show that the Western world needs new deposits of these critical metals.

Sources : Reuters

Vers une coopération plus étroite entre le Groenland et les îles Féroé

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A l’occasion d’une rencontre officielle, le Groenland et les îles Féroé ont affirmé la volonté d’une coopération plus étroite dans le domaine de la pêche, de l’éducation maritime, du tourisme, de la rationalisation de l’administration publique, ainsi que la politique de défense et de sécurité, tout en affirmant un objectif de paix dans l’Arctique.

A l’occasion d’une visite officielle du gouvernement féroïen au Groenland, les premiers ministres féroïens, Bardur á Steig Nielsen, et groenlandais, Múte B. Egede ont affiché une volonté de coopération accrue et mis en exergue plusieurs domaines pour une coopération renforcée : les accords de pêche de 1997 qui doivent être révisés, l’éducation maritime, la rationalisation de l’administration publique, le tourisme, etc. Une emphase particulière a été mise par les deux dirigeants sur la politique de défense et de sécurité ; pour Múte B. Egede, “il n’est pas acceptable que [le Groenland et les îles Féroé] ne soient pas impliqués dans la prise de décision lorsqu’il s’agit de choses qui ont des conséquences dans nos pays”. Bardur á Steig Nielsen a soutenu la mise en place d’un comité de contact, “de sorte que malgré notre faible population par rapport au Danemark, nous obtenons une plus grande marge de manœuvre en matière de politique étrangère, de défense et de sécurité”. Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les deux dirigeants politiques ont clairement indiqué que le Groenland et les îles Féroé travaillent pour la basse tension dans l’Atlantique Nord. Le premier ministre féroïen a estimé: “il est nécessaire que nous ayons une surveillance afin que nous sachions ce qui se passe. Nous ne savons pas ce qui se passe dans l’espace aérien au-dessus des îles Féroé […]. Je crois absolument qu’un radar d’avertissement aérien aide à maintenir la basse tension dans la région”. Plus sobrement, le premier ministre groenlandais a vanté “le dialogue actif avec le Danemark”.

Towards closer cooperation between Greenland and the Faroe Islands

On the margins of an official meeting, Greenland and the Faroe Islands shared the desire for closer cooperation in the field of fisheries, maritime education, tourism, rationalization of public administration, as well as defense and security policy, while affirming an objective of peace in the Arctic.

On the margins of an official visit of the Faroese government to Greenland, the Faroese Prime Minister, Bardur á Steig Nielsen, and the Greenlandic Prime Minister, Múte B. Egede showed a willingness for increased cooperation and highlighted several areas for enhanced cooperation: the 1997 fisheries agreements that need to be revised, maritime education, streamlining of public administration, tourism, etc. Particular emphasis was placed by the two leaders on defense and security policy; for Múte B. Egede, “it is not acceptable that [Greenland and the Faroe Islands] are not involved in decision-making when it comes to things that have consequences in our countries. Bardur á Steig Nielsen supported the establishment of a contact committee, “so that despite our small population compared to Denmark, we get more room for participation in foreign, defence and security policy. Following Russia’s invasion of Ukraine, both political leaders made it clear that Greenland and the Faroe Islands are working for low tenison in the North Atlantic. The Faroese Prime Minister said: “It is necessary that we have surveillance so that we know what is going on. We do not know what is happening in the airspace over the Faroe Islands […]. I absolutely believe that an airborne warning radar helps to keep the tension low in the region”. More soberly, the Greenlandic Prime Minister praised “the active dialogue with Denmark”.

Sources : KNRSermitsiaq.

Le Danemark entend conduire une stratégie de défense en coopération plus étroite avec les États-Unis en Arctique (bilingual)

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Sur fond de tensions géopolitiques accrues, la nouvelle stratégie de politique étrangère et de sécurité, qui fait de l’Arctique l’une de ses priorités, confirme que le Danemark se positionne pour une présence accrue de l’OTAN en Arctique, et envisage notamment le stationnement de troupes étrangères au Groenland. 

L’Arctique est l’une des principales priorités de la politique étrangère et de sécurité du Danemark. La nouvelle stratégie affirme que l’Arctique « représente de plus en plus un champ de bataille géopolitique », ce qui implique de repenser les relations à l’OTAN. Autrefois sceptique quant à l’implication de l’OTAN dans la région, le Danemark semble désormais plus enclin à s’en rapprocher, sur fond de réarmement russe (dans la région). Si la nouvelle stratégie avance la coopération étroite entre le Danemark, les îles Féroé et le Groenland, ces derniers n’ont néanmoins pas été pleinement impliqués à ce stade, comme le souligne le premier ministre groenlandais. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, lors de la conférence de presse de présentation de la nouvelle stratégie, s’est félicitée “que les États-Unis aient tendu la main au Danemark avec une proposition de coopération bilatérale en matière de défense”. La stratégie stipule d’ailleurs que les Etats-Unis sont un partenaire unique et crucial pour le Danemark. Pour l’Ambassadeur de Russie au Danemark, Vladimir Barbin, “il s’agit d’une confirmation claire de la voie des États-Unis et de l’OTAN vers la sécurisation de la domination militaire dans le monde”. Le futur accord de défense américano-danois prévoit la possibilité de stationner des troupes américaines et de stocker des armes au Danemark, ainsi que l’utilisation des infrastructures danoises pour les forces aériennes et les navires militaires américains.

Denmark to pursue a more cooperative defense strategy with the United States in the Arctic

Against the backdrop of heightened geopolitical tensions, the new foreign and security policy strategy, which makes the Arctic one of its priorities, confirms that Denmark is positioning itself for an increased NATO presence in the Arctic, including the stationing of foreign troops in Greenland.

The Arctic is one of Denmark’s top foreign and security policy priorities. The new strategy states that the Arctic “is increasingly a geopolitical battleground,” which implies rethinking relations with NATO. Once sceptical of NATO’s involvement in the region, Denmark now seems more inclined to move closer to it, against the backdrop of Russian rearmament (in the region). While the new strategy calls for close cooperation between Denmark, the Faroe Islands and Greenland, the latter have not been fully involved at this stage, as the Greenlandic Prime Minister points out. The Danish Prime Minister, Mette Frederiksen, at the press conference presenting the new strategy, welcomed “the fact that the United States has reached out to Denmark with a proposal for bilateral defense cooperation. Indeed, the strategy states that the United States is a unique and crucial partner for Denmark. For the Russian Ambassador to Denmark, Vladimir Barbin, “this is a clear confirmation of the path of the United States and NATO towards securing military dominance in the world”. The future U.S.-Danish defense agreement includes the possibility of stationing U.S. troops and storing weapons in Denmark, as well as the use of Danish infrastructure for U.S. air forces and military ships.

Sources : The Arctic InstituteSermitsiaqSermitsiaq.

L’Inuit Circumpolar Council fait son entrée à l’Organisation maritime internationale 

L’Inuit Circumpolar Council (ICC) a obtenu le statut d’organisation consultative au sein d’un comité de l’Organisation maritime internationale (OMI). L’organisation représentative des peuples inuit a participé pour la première fois aux travaux de l’OMI lors d’une réunion en Alaska.

Lisa Koperqualuk, présidente de l’ICC, s’est félicitée de ce nouveau statut d’organisation consultative : « L’ICC est la première organisation de peuples autochtones à avoir obtenu ce statut, et nous espérons que ce sera le début d’une nouvelle relation entre l’OMI et ses membres avec les peuples autochtones du monde entier, et plus particulièrement dans l’Arctique ». A l’initiative de Lisa Koperqualuk, l’OMI a adopté une proposition tendant à ce que l’Organisation maritime internationale tienne davantage compte des droits des peuples autochtones en matière d’environnement.

Le Groenland et le Royaume-Uni lancent des négociations autour d’un accord de libre-échange

Jeudi 27 janvier, le Groenland et le Royaume-Uni ont officiellement lancé des négociations autour d’un accord de libre-échange, lors d’une réunion bilatérale entre le premier ministre du Groenland, Mute B. Egede, et la responsable politique de l’ambassade britannique à Copenhague, Katherine Dark.

Le commerce entre le Royaume-Uni et le Groenland représente 10 millions de livres sterling en 2020, d’après l’ambassade britannique à Copenhague. Pour le premier ministre groenlandais : “un nouvel accord de libre-échange entre nos pays profitera à notre industrie et sera un tremplin pour développer nos relations bilatérales au profit des deux pays”. Depuis 1985, et la sortie du Groenland de l’UE, il n’existe pas de cadre commercial entre le Groenland et le Royaume-Uni. Un nouvel accord, fixant des droits de douanes réduits, pourrait notamment bénéficier à la croissance de l’industrie de la pêche, d’après le gouvernement du Groenland. Pour le Royaume-Uni, par la voix de son ambassadrice au Danemark, « l’accord fournira une plate-forme pour approfondir la coopération pour assurer la stabilité régionale dans l’Arctique ainsi que la collaboration sur les priorités du Royaume-Uni, notamment la science, la technologie, le changement climatique et le développement ».

Sources : Rcinet.

Groenland : adhérer à l’Accord de Paris tout en préservant des possibilités de développement futur

En novembre dernier, à l’occasion de la COP26, le Naalakkersuisut a signifié au Danemark son intention d’entrer pleinement dans l’Accord de Paris sur le climat, ce qui mettrait ainsi fin à la réserve territoriale s’appliquant à l’accord ratifié par le parlement danois.

Soulignant le caractère particulièrement prégnant du changement climatique en Arctique, le premier ministre groenlandais a déclaré, à l’occasion de la COP26, qu’ “il est évident que le Groenland souhaite assumer sa juste part des responsabilités partagées mais différenciées et des possibilités respectives à la lumière des différentes circonstances nationales”. Par la suite, les partis d’opposition ont appelé à un plan concret sur la manière dont le Groenland peut adhérer à l’Accord de Paris, craignant notamment les conséquences sur le futur développement industriel du pays. Un premier plan a été esquissé dans un mémorandum envoyé pour consultation au ministère des Affaires étrangères. 

A l’instar des îles Féroé, le Groenland prévoit de soumettre une contribution climatique indépendamment du Danemark. Les îles Féroé, qui ont rejoint l’accord en 2016, ont opté pour un modèle spécial, où les îles Féroé ne sont pas obligées par les objectifs danois de réduction de CO2, mais l’archipel peut à la place enregistrer ses propres objectifs. Cela signifie que les îles Féroé doivent envoyer une contribution climatique déterminée au niveau national (NDC) au Danemark, qui est un complément et indépendant de ce que le Danemark soumet par l’intermédiaire de l’UE. C’est donc cette voie que le Groenland entend poursuivre à son tour. Cette option n’avait pas été envisagée lorsqu’à la suite de l’Accord le Groenland avait opté pour une réserve territoriale.

Cette forme de volontarisme climatique groenlandais trouve une certaine cohérence dans les discours du gouvernement de Mute B. Egede, depuis sa prise de fonctions en avril dernier, marquée également par la suspension de la délivrance de permis pour l’exploration pétrolière dans le territoire. La nature et l’ambition des contributions sur le plan climatique demeurent néanmoins toujours inconnues.

Sources : SermitsiaqSermitsiaqSermitsiaq

Une panne de courant à Nuuk affecte les communications dans tous le pays

Le 29 novembre dernier, une panne de courant dans la capitale, Nuuk, a privé l’ensemble du Groenland d’accès téléphonique et internet. 

La coupure générale de courant qui est intervenue à Nuuk dans la nuit du 29 novembre, privant les habitants de Nuuk d’électricité et de chauffage, a affecté plusieurs jours durant l’accès aux réseaux de communications dans l’ensemble du pays. Après une longue coupure de courant de 17 heures, qui a totalement coupé les réseaux de communications, Tusass – l’opérateur téléphonique groenlandais – a progressivement rétabli le réseau, en privilégiant les connexions qui ont des fonctions socialement critiques (les services de santé ou de la police, etc.). Les connexions téléphoniques et internet sont restées instables pendant plusieurs jours, alors que les causes de la coupure ne sont pas encore clairement établies, pointant ainsi la vulnérabilité des réseaux de communications groenlandais.

Sources : SermitsiaqSermitsiaq.

Le Groenland acquière de nouvelles compétences dans le domaine économique

Les compétences qui couvrent le domaine de l’entreprise, de la comptabilité et de l’audit vont être transférées du Danemark au Groenland.

Suite à l’annonce du premier ministre de l’élargissement des compétences groenlandaises dans le domaine économique, le Naalakkersuisoq for Business and Trade, Pele Broberg (Naleraq), va diriger les négociations avec l’Etat danois. Au cours des négociations, un accord doit être trouvé sur la manière dont le transfert de ces compétences doit avoir lieu dans la pratique et à quelle échéance. La dernière fois quel tel transfert de compétences a eu lieu, c’était en 2010. A cette époque, il s’agissait de la zone de matières premières et de l’environnement de travail offshore.

Sources : KNRHigh North News.

Le Groenland devrait rejoindre l’accord de Paris sur le climat en 2022

A l’occasion de la COP26, le Naalakkersuisut a signifié au Danemark son intention d’entrer pleinement dans l’Accord de Paris sur le climat, ce qui mettrait ainsi fin à la réserve territoriale s’appliquant à l’accord ratifié par le parlement danois.

Depuis sa prise de fonctions en avril dernier, le gouvernement groenlandais s’est engagé à suspendre la délivrance de permis pour l’exploration pétrolière dans le territoire, affirmant que cela aurait des effets négatifs sur la société groenlandaise et contribuerait à la crise climatique mondiale. Dans une lettre adressée à la première ministre danois, en marge de la COP26, Múte Bourup Egede a déclaré que “c’est avec une grande joie et un grand honneur [qu’il informe la première ministre danoise] du souhait du Naalakkersuisut, que la réserve territoriale du Royaume du Danemark pour le Groenland à l’Accord de Paris doit être retirée”. Le gouvernement groenlandais va maintenant présenter sa proposition de rejoindre l’accord de Paris à l’Inatsisartut, puis suivre le processus de ratification, qui devrait s’achever en 2022. Soulignant le caractère particulièrement prégnant du changement climatique en Arctique, le premier ministre groenlandais a déclaré qu’ “il est évident que le Groenland souhaite assumer sa juste part des responsabilités partagées mais différenciées et des possibilités respectives à la lumière des différentes circonstances nationales”.

Sources : RCiNet

Une représentation groenlandaise en Chine

Le Groenland vient d’annoncer la mise en poste d’une représentation diplomatique à Pékin. Le nouveau représentant, Jacob Isbosethsen, sera chargé de renforcer les relations économiques, commerciales et culturelles entre le Groenland et l’Asie. 

Décidée à l’unanimité du Naalakkersuisut et du Inatsisartut, la création d’une représentation à Pékin s’inscrit dans une volonté groenlandaise continue d’autonomisation du Danemark et de renforcement des relations bilatérales, en particulier sur le plan économique. Cela scelle également les efforts groenlandais de s’ouvrir à l’Asie, via à l’exportation et la coopération dans le tourisme, l’approvisionnement en énergie verte, l’exportation d’eau potable ou l’exploration pétrolière. Pour le Groenland, la Chine, et plus largement l’Asie, en particulier le Japon et la Corée du Sud, est un marché d’exportation extrêmement important. L’inauguration par le premier ministre et le plein fonctionnement de la représentation devront néanmoins attendre que la situation sanitaire ne s’améliore.

Sources : SermitsiaqHigh North News.